Glossaire Diamant et bijou

Le Glossaire du Diamant et des Pierres précieuses contient des centaines de définitions. Termes gemmologiques et techniques, abréviations, types de pierre..

A

Adamantin : Décrit la brillance particulière du diamant.
Adamas : En grec ancien signifie l’indomptable, désignait le diamant.
Alluvial : S’applique aux diamants trouvés dans les rivières.

B

Bagagem : Nom d’une mine de diamant brésilienne.
Baguette : Diamant de taille rectangulaire, taille utilisée le plus souvent sur de petites pierres.
Barbe : Se dit lorsque l’ébrutage du rondiste laisse apparaître des petites traces filandreuses.
Bezel : Nom de certaines facettes de la couronne du diamant.
Synonyme de coin de table.
Blocks : Specimen difficile à tailler à cause de sa cristallisation complexe.
Blue Ground : Nom donné à la kimberlite trouvée dans le sous-sol profond.
Boart : Diamant de très mauvaise qualité utilisé en poudre comme abrasif.
Bourse du diamant : Lieu réservé aux membres de la Bourse pour effectuer des transactions commerciales.
Brillant : Taille du diamant de forme ronde et comportant 57 facettes au minimum.
Brillantage : Opération de facettage à l’instar de la taille brillant.
Briolette : Diamant taillé en forme de goutte facettée comme une taille rose.
Brisure : Nom de certaines facettes dans les tailles à degrés, lorsque l’on veut les brillanter.
Brucelles : Pince métallique à bout pointu utilisée pour trier les diamants.
Brulé : Se dit d’un diamant lorsque sa matière est ternie par un échauffement excessif (sous l’effet du chalumeau en général).
Brut : Se dit d’un cristal à l’état naturel, n’ayant subi aucune modification.
Bruter : Débruter.
Bruteuse : Bâton servant à débruter.

C

Calibre : Instrument servant à mesurer les dimensions d’un diamant taillé ou non.
Canavieyras : Diamant brésilien de bonne qualité.
Cape : Couleur du diamant à tendance jaune.
Carat : Unité de mesure du poids du diamant, égal à 0,20 gramme.
Chevrin : Matière brute que le débruteur peut enlever.
Chips : Brut de qualité moyenne dont la forme convient mieux pour une taille fantaisie.
Cleavages : Diamant brut type pour le clivage.
Clivage : Opération consistant à séparer une pierre en deux morceaux en attaquant un plan de clivage.
Closed : Diamant brut de forme octaédrique plutôt destiné au sciage.
Coated : Diamant brut dont l’opacité peut cacher une très belle pierre.
Cœur : Diamant taillé en forme de cœur.
Coin : Nom donné aux facettes de la taille en croix de la couronne ou de la culasse.
C olette : Pointe de culasse formée par la réunion des facettes en un seul point.
Common goods : Brut de mauvaise qualité qui peut parfois être taillé.
Couleur fantaisie : Se dit d’un diamant dont la couleur apparaît nettement.
Coupure : Brisure.
Couronne : Se dit de la partie supérieure d’un diamant taillé.
Cristal : S’emploie pour désigner un brut de forme parfaitement octaédrique.
Crushing-boart : Diamant de basse qualité utilisé broyé pour en faire un abrasif.
Crystal : Equivaut à la couleur I/J blanc nuancé.
Culasse : Partie inférieure du diamant taillé située entre le rondiste et la colette.

D

Débruter : Opération de taille qui permet d’arrondir le diamant.
Diamantaire : Professionnel du négoce ou de la taille du diamant.
Disque de polissage : Meule enduite de poudre de diamant sur laquelle on forme les facettes.
Dodécaèdre : Il existe des cristaux à 12 faces communément appelés diamants ronds.
Dop : Partie qui tient le diamant pendant la taille.
Doublet : Imitation ancienne qui consiste à coller une couronne en diamant sur une culasse synthétique.
Inutilisé aujourd’hui.
Dureté : Capacité d’une pierre à résister à l’usure.
Plus une pierre est dure moins elle se raye.
Attention un diamant ne se raye pas mais peut se casser.

E

Ebruter : Débruter.
Eclat : 1) Brillance et feux renvoyés par la pierre, 2) Déchet de diamant provenant du clivage, 3) Accident sur une pierre taillé.
Egrisés : Pâte à base d’huile et de poudre de diamant pour tailler et polir le diamant.
Egrisure : Accident sur les arêtes d’un diamant taillé.
Emeraude : Nom de la taille rectangulaire à degrés dont les 4 coins sont biaisés.
Enrobée : Voir coated.
Entaille : Sillon gravé pour faciliter le clivage.
Etoile : Facette triangulaire qui sépare 2 bezels.
Extra-facette : Facette supplémentaire taillée pour camoufler un défaut.
Déprécie la pierre.
Eye-clean : « Pur à l’œil », accepté jusqu’au SI2.

F

Facette : Parties planes miroitant entre chaque arête.
Fancy color : Se dit d’un diamant de couleur autre que le blanc, plus rare et plus cher.
Fancy cut : Se dit des diamants tailles fantaisie différentes du rond tel que les princesses, les poires, les radians, … Fenêtre : Ouverture sur un brut enrobé, ou coated, pour permettre son observation et décider de sa taille.
Finition : Permet d’évaluer la qualité de taille du diamant et des proportions sur le certificat.
Flat : Cristal très plat souvent employé pour tailler des roses ou des triangles en général ce sont des pierres maclées (Naats).
Flawless : Désigne un diamant sans inclusion, pur à la loupe 10X.
Fluorescence : Diamant contenant de la fluorescence.
La fluorescence apparaît plus ou moins en exposant la pierre aux ultraviolets.

G

Gemme : Par extension se dit d’un diamant de très haute couleur et de très grande pureté.
Glace : Décollement de matière ou fêlure dans un diamant.
Grain : Unité de mesure différente du carat.
Equivaut à 0,25 gramme.
Girdle : Voir rondiste.
Grosseur : Nom donné aux diamants d’un poids supérieur ou égal à 1 carat.

H

Haléfi : Facette sur la couronne comme sur la culasse partant du rondiste.
Heel : Mot flamand signifiant entier.
Désigne les pierres qui ne seront, ni clivées, ni sciées.
Huit-huit (8/8) : Correspond à la première phase de la taille brillant : 8 facettes sur la couronne et 8 facettes sur la culasse.

I

Imitation : Toute pierre synthétique ou naturelle se rapprochant de l’aspect du diamant.
Inclusion : Corps solide liquide ou gazeux se présentant comme un corps étranger dans le diamant.

J

Jager : Ancien terme désignant la couleur blanc bleu.

K

Kimberlite : Roche volcanique profonde dans laquelle on trouve habituellement du diamant.

L

Lapidaire : Désigne le tailleur de pierres.
Laxe : Qualifie un diamant sans vie et sans éclat, souvent à cause d’une taille trop étalée.
Loupe clean : Qualifie un diamant sans inclusions aussi appelé Internaly flawless.

M

Macle : Interpénétration de cristaux dans différentes directions.
Manque d’attaque : Désigne la présence de matière brute restée à fleur de facette sur un diamant taillé.
Marquage : L’endroit de clivage sur un diamant brut.
Marquise : Diamant taillé en forme de navette.
Mêlées : Petits brillants de 0,07 à 0,22 carat.
Mesh : Unité de mesure pour la poudre de diamant.
Equivaut à 0,074mm.
Mettre à la prise : Poser la pince sur la meule pour entamer la taille.
Meule : Disque sur lequel est abrasé le diamant.
Milky stone : Terme désignant une pierre sans éclat dont la matière est laiteuse, parfois à cause de la fluorescence Morte : Pierre sans éclat.
Mortier : Appareil destiné à réduire le diamant en poudre.

N

Naat : Mot flamand signifiant nœud.
Employé pour un certain type d’inclusions des pierres maclées.

O

Octaèdre : Forme géométrique correspondant à 2 pyramides collées base contre base.
Considéré comme la forme parfaite du diamant souvent appelée « cristal ».
Octavo : Mesure de poids brésilienne.
Equivaut à 17,50 carats.
Outside (marché) : Se dit d’un diamant dont le négoce s’est fait en dehors de la De Beers.
Ovale : Taille fantaisie du diamant.

P

Pavillon : Une des facettes du brillant sous le rondiste.
Pendeloque : Diamant taillé en goutte facettée.
Petite grosseur : Diamants de 0,23 carat à 0,99 carat.
Pince : Outil aidant à la taille du diamant.
Pipe : Filon diamantifère ou non dans une cheminée volcanique de Kimberlite.
Piqué : Inclusion d’un diamant visible à l’œil.
Plan de clivage : Plan selon lequel le diamant peut être clivé en fonction du diamant brut.
Pli : Papier utilisé selon un certain mode de pliage pour ranger les diamants.
Point : Un centième de carat.
Poire : Diamant taillé en goutte.
Polariscope : Appareil doté de filtres polaroïds servant à détecter les tensions internes dans le diamant.
Polissage : Dernière opération de taille permettant de donner l’éclat final aux facettes de la pierre.
Pot et Press-Pot : Permettent le serrage du diamant pour aborder sa taille.
Proportions : Ensemble des critères de dimensions pour juger de la conformité de la taille d’un diamant.
Pureté : Appréciation de la limpidité d’un diamant.

Q

Quatre pointes : Désigne généralement l’octaèdre.

R

Rebuts : Diamants inutilisables en joaillerie.
Rejection stones : Voir Rebuts.
Reprise : Rectification d’une taille existante d’un diamant.
River : Désigne la couleur Blanc exceptionnel d’un diamant.
Rond : Nom souvent donné au dodécaèdre.
Rondelle : Nom d’une taille correspondant à des tranches de diamant dont les bords sont facettés.
Ils sont percés au centre et servent d’intercalaires.
Rondiste : Partie la plus large du diamant permettant de donner son diamètre.
Rubbish : Diamant de très mauvaise qualité, limite pour la joaillerie.

S

Sands ou stars : Diamant de petit calibre.
Scellés : Certains laboratoires mettent les diamants sous scellé avec le numéro et le microfilm du certificat.
Sertissage : Fixation solide du diamant pour le clivage ou le débrutage ou plus tard sur un bijou.
Sight : Lot de diamants bruts proposés par la DTC de la De Beers à un nombre limité d’acheteurs (Sight Holders) un dizaine de fois par an.
Silver cape : Diamant légèrement teinté.
Skin flotation : Méthode pour récupérer le diamant après extraction grâce à sa faculté de ne pas mouiller.
Soufrin : Voir Chevrin.
Spécimen : Échantillon de couleur.
Spotted stones : Diamant de petit calibre contenant des inclusions noires.
Stone : Nom donné à un diamant brut de plus d’un carat.

T

Table : Facette la plus importante de la pierre, posée sur la couronne.
Taille ancienne : Se caractérise par des proportions irrégulières et une facette à la pointe du bas, appelée colette ouverte.
Tailles fantaisies : Toute taille différente des tailles, brillant, huit-huit, rose, et swiss cut.
Tamis : Plaques de métal à trous calibrés permettant de trier les mêlées selon le diamètre.
Tensions internes : Inclusions et décollements donnant au diamant une certaine fragilité.
Tchop-tchop : Nom africain donné aux diamants de très mauvaise qualité.
Top : Pointe d’un diamant brut scié.
Top wesselton : Désigne la couleur blanc extra d’un diamant (couleur G).
Tri ou triage : Opération consistant à séparer le brut en différentes catégories et à séparer le diamant taillé selon sa couleur et sa pureté.
Triangle : Diamant taillé fantaisie dite aussi tricorne.
Trigon : Cristallisation triangulaire visible sur certaines faces du diamant brut.
Trois pointes : La table d’un trois pointes peut être naturelle ou clivée mais jamais sciée.

V

Vue : Voir sight.

Gravure laser du diamant

Personnalisez votre diamant en insérant un message court, un nom, une date… La gravure est effectuée au laser, selon votre souhait (vous pourrez choisir la police).

Gravure laser sur l’or

Personnalisez votre monture en insérant un message court, un nom, une date… La gravure est effectuée au laser, selon votre souhait.

Certificat de gemmologie

C’est la carte d’identité de votre diamant, il ne peut plus être confondu avec un autre. Il se présente sous la forme d’un imprimé sur lequel sont notées toutes les caractéristiques de votre diamant. Un délai de réalisation peut être nécessaire pour établir le certificat.

Traçabilité Préval

Votre diamant, enregistré en base de données est numéroté au laser. En cas de doute (par exemple suite à un vol), retrouver et prouver qu’il s’agit bien de votre diamant devient facile.

Les plus célèbres et plus gros diamants taillés

Le Golden Jubilee

Le Golden Jubilee est le plus gros diamant taillé du monde, il a 15.47 carats de plus que le Cullinan I. Il est monté sur la couronne impériale de Thaïlande. C’est de plus un Fancy color.

Taille : rose coussin
Couleur : Fancy yellow brown
Poids : 545.67 carats

Le Cullinan I

Découvert en Afrique du Sud dans la mine Premier en 1905. Ce diamant est monté sur le sceptre de la Reine d’Angleterre. Il a été renommé le Great Star of Africa. Il mesure 53mm x 44mm x 29mm, et possède 76 facettes.

Taille : poire
Couleur : blanc
Poids : 530.20 carats

L’Incomparable

Découvert en République Démocratique du Congo, dans le Mbuji Mayi en 1980. La forme de sa taille est unique, elle a été définie par Marvin Samuels comme une triolette. Sa pureté est Internally Flawless (IF).

Taille : Triolette
Couleur : Fancy Brownish Yellow
Poids : 407.48 carats

Cullinan II – Lesser Star of Africa

Découvert en Afrique du Sud dans la mine Premier en 1905. Ce diamant est monté sur la couronne impériale d’Angleterre. Il a été renommé le Lesser Star of Africa.

Il provient du même diamant brut que le Cullinan I (3106.00 carats).

Taille : coussin
Couleur : blanc
Poids : 317.40 carats

Le Spirit of de Grisogono

Découvert en Centrafrique. Il a été importé par la suite en Suisse où il a été taillé. Le Gubelin Gem Lab a expertisé ce diamant et a noté qu’il était d’une rare beauté pour ce type de diamant et pour un tel poids.

Taille : Mogul
Couleur : noir
Poids : 312.24 carats

Le Hope

Découvert en Inde au XVIIe siècle. Ce diamant est peut-être le diamant qui a la plus mauvaise réputation. Un grand nombre de ses possesseurs furent malmenés par le sort. Il est aujourd’hui au Smithsonian Institut de New-York. Il mesure 25,60 mm de longueur, 21,78 mm de largeur et 12,00 mm d’épaisseur. Sa pureté est classée VS1 et sa couleur est Fancy dark grayish-blue. Sa forme de taille est définie comme une forme antique de coussin avec le rondiste faceté et des facettes supplémentaires sur le pavillon.
“Le Grand Diamant Bleu” ou “Diamant maudit” de 112 carats. Il ressort que le Hope ait porté malheur à tous ceux qui l’ont possédé. Rapporté des Indes par Tavernier en 1668, il est acquis par Louis XIV. En 1672, il est retaillé en forme de cœur et tombe de 112 carats à 67 carats. Le “diamant de la couronne” comme il est appelé à l’époque a déjà alors une sérieuse réputation de “porte-malheur”. Ceci est dû à la façon dont il aurait été arraché à la statue d’une déesse hindoue, très courroucée depuis. Tavernier fut la première victime du sort : ruiné, il mourut dévoré par des chiens sauvages.
Louis XVI et Marie-Antoinette qui héritèrent de ce gemme furent, quant à eux, guillotinés sous la Révolution. En 1792, en même temps que le Régent, il disparaît pour ne réapparaître qu’en 1830 dans une vente aux enchères à Londres, mais ne pèse plus que 44,50 carats. Wilhelm Fals avait entrepris de retailler pour masquer sa véritable identité. Mais ce malheureux diamantaire se fit tout d’abord voler le diamant par son propre fils, puis mourut de chagrin. Son fils se suicida quelques années plus tard. Le diamant est ensuite acquis par le banquier Henry Philip Hope.
En 1908, il s’en sépare pour rembourser ses dettes, toute sa famille s’éteint rapidement dans la pauvreté. Un prince en devient propriétaire. Il offrit le diamant à une actrice des Folies Bergères qu’il tua peu de temps après. Le possesseur suivant disparut avec ses proches dans un accident de voiture. C’est toute une révolte qui chassa le sultan Abdulhamid du trône peu de temps après l’acquisition du Hope. Une riche Américaine propriétaire du diamant connut elle aussi le malheur : la mort de son fils en voiture, la folie de son mari et l’overdose de sa fille. Enfin, en 1947, la tragédie semble prendre fin. Le diamant est acheté par le joaillier des stars Harry Winston, dont la bijouterie a été cambriolé en 2008, qualifié comme « le casse du siècle ».

Le diamant et ses légendes : l’histoire du diamant

Les croyances liées au diamant et à leurs pouvoirs mystérieux remontent à la Nuit des Temps. La plus convoitée des pierres précieuses a traversé les âges, gratifiant les hommes de toutes races, de toutes religions de son influence bénéfique ou maléfique. C’est la pierre des Dieux.

Dès l’Egypte ancienne, le diamant symbolisait le soleil, synonyme de force, de courage et de vérité. On le plaçait au milieu de la croix ansée du signe Ankh, hiéroglyphe égyptien signifiant « La vie ». Pour d’autres peuples de l’Antiquité, le diamant était, semble-t-il, la larme d’un dieu.

Les mythes judéo-chrétiens ne furent pas en reste. En hébreu, le terme « jahalom » signifierait « diamant ». C’est du moins la traduction qu’on en donnait au XVIIe siècle. A moins qu’il ne s’agisse d’une confusion avec le corindon ou l’onyx ? Quoi qu’il en soit, on retrouve ce « diamant » dans certains versets de la Bible.

Les premiers cabalistes juifs affirmaient que douze pierres, gravées d’un anagramme du nom de dieu, possédaient un pouvoir mystique. Chacune d’elle était associée à un ange : le rubis à Malchediel, la topaze à Asmodel… le diamant à Humatiel.

C’est en Inde que l’existence du véritable diamant fut mentionnée pour la première fois avec certitude. Un des plus anciens témoignages signalant le « vajra », en sanscrit, figure dans un manuscrit hindou du IVe siècle avant notre ère. Le premier empereur des Indes, fixa de façon rigoureuse, dans ce traité mi-religieux mi-fiscal, le montant des impôts prélevés sur l’exploitation du diamant. Il y est également question de critères d’évaluation. Les caractéristiques de chaque pierre y sont décrites avec suffisamment de précision pour qu’on puisse penser qu’il s’agit effectivement du diamant. La dureté du diamant était déjà reconnue. Des proverbes hindous y font référence, affirmant que « le vajra n’est rayé que par un autre vajra ».

Le diamant était l’arme d’Indra, une des plus anciennes divinités du panthéon védique, le terrible dieu de la Foudre. Les six pointes de l’octaèdre symbolisaient la résistance de l’homme face aux attaques venant des quatre points cardinaux, mais aussi celles des puissances démoniaques et celles des puissances divines.

On racontait encore que le diamant protégeait son propriétaire de tous les dangers, le feu, la maladie, les voleurs, le poison, la sorcellerie et les mauvais esprits, les serpents… Il donnait puissance et courage dans le combat. Le diamant était aussi symbole de caste : incolore, il était réservé aux brahmanes ; rouge, aux guerriers ; jaune, aux commerçants.

Il faut attendre Pline l’Ancien, au Ier siècle après J.-C., pour avoir une description assez précise de la pierre, de sa résistance au feu et de sa transparence. Pline écrit, dans son « Histoire Naturelle », que les Romains accordaient une grande valeur marchande au diamantLe diamant était pour Pline « cette joie rare de l’opulence invincible et réfractaire à toute violence qui se brise sous l’action du sang de bouc » ! Le bouc étant l’incarnation du mal, de la bassesse et des forces démoniaques, tandis que le diamant représentait la pureté et le bien.

Le Moyen Age occidental attribua lui aussi des pouvoirs bénéfiques et magiques au diamant : il neutralisait les poisons, permettait d’écarter les hallucinations, d’apaiser les angoisses. Il réconciliait les époux, il donnait énergie, bonheur, longue vie, préservait des mauvais esprits…
Au XIIe siècle, sainte Hildegarde de Bingen précise que « le diable déteste cette pierre parce qu’elle résiste à sa puissance ». « Placé dans la bouche, il guérit le menteur. » Des propriétés médicinales lui furent attribuées : il guérissait par simple apposition sur une partie du corps.

Plus près de nous, au XVIe siècle, le pape Clément VII (1523-1534) apprit à ses dépens que le diamant, contrairement aux croyances, ne favorisait pas la guérison. Il périt en avalant un médicament à base de poudre de diamant qu’on lui avait prescrit. C’est à dater de cet incident que le diamant fut regardé comme un poison. Un détail qui ne pouvait échapper à Catherine de Médicis…

Mais le diamant ne fut pas seulement pierre de pouvoirs ou instrument des intrigues de Cour. Il prit part au rêve des légendes humaines. L’une d’entre elles est plus particulièrement captivante : quelque part, en un lieu secret, protégé par de terrifiants gardiens, une vallée engendre à foison de merveilleux diamants. La légende de la Vallée des Diamants, située en Inde ou au Proche-Orient, trouverait son origine dans les récits des campagnes d’Alexandre le Grand vers l’Inde. Elle est également mentionnée dans un texte d’Epiphanius, évêque de Constantia au IVe siècle.

Alexandre voulut pénétrer dans la vallée, mais ne put y progresser, l’endroit étant infesté de terribles serpents au regard mortel. Il utilisa donc des miroirs, qui firent périrent l’un après l’autre les reptiles, surpris par leur propre reflet.

La commercialisation de diamant

La De Beers détient une grande partie de l’exploitation des mines ou de leur production. Elle a le pouvoir sur les flux de marchandises, ce qui lui permet de contrôler les prix. L’organe de commercialisation de la De Beers s’appelle la Diamond Trading Company (DTC) ; elle reçoit la totalité des diamants De Beers. La DTC contrôle environ 65% de la commercialisation mondiale du diamant.

La DTC a mis au point un système unique en son genre : 290 acheteurs sont tout d’abord sélectionnés. La DTC prépare des lots appelés “sights”, ou “vues”, qu’elle impose à ces 290 acheteurs privilégiés, “sights holders” ou “détenteurs de vues”.
10 fois par an à Londre, des lots de pierres brutes sont présentés aux acheteurs qu’ils ne peuvent refuser sous peine d’exclusion. Les lots sont donc imposés, et l’acheteur ne peut refuser ! Et pourtant, tout le monde se bat pour être un de ces fameux “sights holders” car les tarifs d’achat sont très attractifs. Perdre son statut de sight holder revient à acheter des diamants sur le marché libre, plus cher.

Le marché “outside” est le marché qui n’est pas contrôlé par la DTC. Lev Leviev possède, autour de LLD (diamants) et d’Africa-Israel Investment Co, le deuxième groupe industriel d’Israël. Il vient de devenir aussi le deuxième diamantaire du monde après la De Beers, notamment en prenant des positions dominantes en Angola, avec l’appui du principal diamantaire russe (Alrossa) ; bien établi dans le centre diamantaire de Tel-Aviv (Ramat Gan), il possède aussi en Russie la société diamantaire Ruis (le nom vient visiblement de l’association des premières syllabes de Russie et Israël).

Les Bourses du diamant

Les principales bourses du diamant taillé sont situées à : Anvers, Londres, New York, Tel Aviv, Bombay. La plus importante reste Anvers, plus de la moitié du marché mondial des diamants taillés passe par Anvers.
• Les petits diamants ronds sont principalement taillés à Bombay (Inde)
• Les tailles fantaisie proviennent en majorité de la bourse de Tel Aviv (Israël)
• Les villes de New York (USA) et Anvers (Belgique) sont réputées pour la taille des gros diamants.

Le quartier diamantaire d’Anvers se décompose principalement en quatre bourses qui ont chacune leur spécialité :

• Le Anwerp Diamond Bourse (diamant taillé)
• Le Diamant Club (diamant brut et taillé)
• La Vrijediamanthandel (diamant brut et taillé)
• Le Diamant Kring (diamant brut)

Le milieu du diamant est très fermé et les conditions pour devenir membre d’une Bourse sont très strictes. Ainsi, un membre qui a commis une faute peut s’attendre à être exclu immédiatement de l’établissement voire de la profession, dans le monde entier.
Les diamants taillés sont ainsi achetés par des diamantaires sur ces bourses, puis finalement revendu aux joailliers.

La taille du diamant : Les différentes étapes

Alors que le poids, la pureté et la couleur d’un diamant brut sont dictés par la nature, la taille dépend uniquement du savoir faire de l’homme. Le diamant est un accumulateur de lumière et seule la qualité de la taille pourra lui donner le maximum d’éclat, de brillance et de beauté.

Les différentes étapes de la taille du diamant

Le clivage :

Il permet de partager en deux parties un diamant brut, afin de lui donner une forme appréciable et la dégager de certaines imperfections. Il faut entailler le diamant dans un plan de clivage, puis enfoncer une fine lame d’acier sur laquelle on frappe d’un coup sec. La pierre se divise alors en deux, laissant deux surfaces planes, et donnera au diamant une forme adaptée pour qu’il puisse être scié ou taillé en éliminant au passage les défauts de cristallisation, les glaces ou les fêlures, les piqués, les inclusions, etc…
Le clivage n’est pas toujours nécessaire, il faut calculer au plus juste sa rentabilité. Le métier de cliveur est un des plus difficiles, car il comporte une énorme responsabilité. L’issue du clivage peut être un échec, et le diamant brut peut casser.

Le sciage :

Il s’agit de découper un diamant brut à l’aide d’un disque diamantée,ou parfois même d’un laser. La découpe se fait sur un plan non clivable. L’avantage de cette phase réside dans le fait que l’on peut partager un diamant tout en conservant les pointes des pierres, ce qui n’est pas possible avec le clivage. Le sciage est moins délicat que le clivage, car il permet plus de souplesse. On peut en effet modifier de quelques degrés sa direction afin d’éliminer une inclusion ou d’améliorer la forme de la pierre.
L’opération de sciage doit se faire en essayant d’obtenir la plus grande table possible et la culasse la plus dure possible. Sachez pour finir qu’il faut environ 2 mois pour scier un diamant brut de plus de 300 carats.

Le débrutage :

C’est une ébauche pour façonner le rondiste en arrondissant la ceinture. Cette opération est réalisée grâce à un autre diamant serti sur un long manche en bois tenu à la main. La tête contenant la pierre repose sur un support.Le diamant employé pour le débrutage peut être une pierre approchant de forme le modèle désiré, ce qui permet de débruter simultanément deux pierres ; dans d’autres cas on emploie du diamant industriel de forme plate appelé « scherp » (aigu).
Le débrutage demandant le plus de compétence est celui des tailles fantaisies, celles-ci exigeant un matériel plus complexe, le débruteur étant confronté à des problèmes de symétrie plus délicats que pour la taille ronde.

La taille et le polissage :

Le diamant étant la matière la plus dure, il ne peut subir d’usure que par le diamant lui-même. Ainsi, Le diamant à facetter est serti dans une tenaille que l’on appelle « dop » et présenté sur un disque en acier qui a été enduit de poudre de diamant (environ 1 carat). Cette étape nécessite beaucoup d’expérience et de dextérité. En règle générale, un diamant est taillé par différentes personnes. Le polissage est la dernière phase de la taille d’un diamant, il consiste à rendre brillantes les facettes crées les repassant sur un disque plus doux, non plus pour les façonnées, mais pour les « lustrées ».

Les diamants de conflits, ou diamant du sang :

Les diamants de conflits, parfois aussi nommés « diamants de sang », sont des diamants issus du continent africain, et qui alimentent les nombreuses guerres livrées par des rebelles aux gouvernements. Extraits de mines localisées dans des zones où la guerre fait rage, ces diamants sont vendus en toute illégalité et en toute clandestinité, afin de fournir en armes et en munitions les groupes armés qui les exploitent.

Le commerce diamantaire mondial est dominé par de grandes multinationales, comme la société sud-africaine De Beers. En 2000, la part des diamants dans le négoce diamantaire mondial considérés comme issus de la contrebande et des conflits africains était estimée entre 4% et 15%. Le fait que ces diamants servent à armer des groupes rebelles ne fait que rajouter à la situation instable des zones diamantifères. Néanmoins, des conflits comme celui de la Sierra Leone sont pour la plupart terminés depuis 2003.

Le processus de Kimberley

Le processus de Kimberley est un régime international de certification des diamants bruts signé le 1er janvier 2003 par le Canada, les États-Unis, les pays de l’Union européenne et plus de 30 autres pays.
Les pays producteurs contrôlent la production et le transport des diamants bruts de la mine jusqu’au point d’exportation. Ces diamants sont scellés de façon inviolable et sont accompagnés d’un certificat du processus de Kimberley.
L’accord est le résultat de discussions ayant débuté en Mai 2000 à Kimberley en Afrique du Sud.

Le traitement du minerai diamantifère

Le minerai diamantifère récupéré est tout abord concassé (pas trop fin pour ne pas broyer les diamants) et tamisé afin de séparer le sable des éléments plus gros.
Puis l’on procède au lavage qui élimine les boues et une partie du minerai.
Ensuite vient l’opération de concentration et d’enrichissement en diamants (on peut utiliser pour cela des malaxeurs rotatifs, des agitateurs, des jigs, des cyclones, des séparateurs à liqueurs denses), qui permet de séparer les cristaux de diamant du minerai grâce à leur différence de densité.
La récupération finale du diamant va se faire sur des courroies enduites d’une graisse épaisse dans laquelle le diamant sera le seul à adhérer. Enfin, le diamant brut est récupéré en faisant fondre la graisse des tapis.

Le tirage des diamants bruts

Chaque diamant extrait d’un gisement ne peut être utilisé pour la joaillerie (uniquement le diamant « gemme » 15 à 20 % de la production).
Certain diamant, de moins bonne qualité, serviront dans l’industrie (40% de la production) ou même pour la taille d’autres diamants, le crushing-bort est ainsi la plus mauvaise qualité de diamant et sera réduit en poudre (45% de la production).

L’exploitation des mines (gisements) de diamant

La plupart des diamants sont extraits de la kimberlite présente dans les zones les plus anciennes de croûte continentale (au moins 1,5 milliard d’années). Les diamants s’en détachent progressivement par l’érosion et sont entraînés par le ruissellement des eaux parfois jusqu’à la mer. La découverte de ces cristaux entraîne différents types d’exploitation en fonction de la nature des gisements.
On distingue essentiellement trois catégories de gisements :

• Les gisements primaires : mines à ciel ouvert
• Les gisements secondaires : où l’on traite les alluvions
• Les gisements littoraux et marins

Dans ces trois cas, le travail consiste à déplacer des tonnes de minerai, sable, terre et alluvions nécessitant l’emploi d’engins de terrassement et d’explosifs En moyenne, pour 20 tonnes de minerai extrait, compter 1 g (5 carats) de diamant. En sachant que les diamants utilisés pour la bijouterie ne représentent que 15 à 20% de la production mondiale de diamant.

Le diamant, depuis la mine jusqu’à l’écrin

Le diamant est au commencement. Né il y a des milliards d’années, le diamant s’est formé dans le magma des profondeurs de la terre, sous des conditions extrêmes. Né au matin du monde, le diamant évoque le commencement des amours, mais avant d’être exposé dans les plus belles vitrines du monde, voici son long parcours …

La formation du diamant

Les diamants naturels sont composés de carbone qui se trouvait dans le manteau depuis la formation de la Terre, mais certains sont constitués de carbone provenant d’organismes, tels que des algues. Ce carbone organique a été enfoui jusqu’au manteau terrestre par le mouvement des plaques tectoniques, dans les zones de subduction.

Les diamants se forment lorsque ce dernier se trouve dans des conditions de température et de pression très élevées, entre 1 100 °C et 1 400 °C pour la température, et entre 4,5 GPa et 6 GPa (60 000 atmosphères) pour la pression, ce qui correspond à des profondeurs d’environ 180 km dans le manteau terrestre.

Remonté en surface du diamant

Les diamants d’Afrique du Sud ont été remontés par des éruptions volcaniques très puissantes. Elles ont occasionné la formation de brèches volcaniques, constituées de débris de roches à l’origine très profondes. Les diamants sont ainsi retrouvés en inclusion dans ces roches appelées kimberlites.
L’érosion peut ensuite les transporter et les incorporer dans des sédiments alluviaux.